Par Louise Pairaud
Je profite de ce numéro 0 pour vous introduire à la rubrique Ciné’Mood. En quelques mots, je parle d’un film, et précisément de l’atmosphère, du mood, qui vous donnera (je l’espère) envie de le visionner. À votre droite, des plans dudit film permettront de vous donner une vision plus imagée de l’œuvre, parce qu’un long pavé ce n’est pas toujours très appétissant (oui oui je vous appâte littéralement).
Mais parlons du film ! Celui là est récent, mais disclaimer : il m’arrivera de parler de films plus vieux (on a tendance à oublier certaines dingueries).
Reprenons les mots du réalisateur français Bruno Samper : Vesper Chronicles est un “conte de fée moderne, de science fiction”. Sorti en 2022 et réalisé également par Kristina Buožytė (lituanienne), ce film d’environ 2h raconte une histoire que je refuse de vous révéler. Faites vous vos propres idées, ou allez chercher.
D’abord citons les points négatifs : ce film est maladroit dans certains de ses dialogues, et les personnages changent, ou ne changent pas, sans claire justification. Mais l’histoire n’en pâtit pas pour autant, sauvée par son monde magnifique. Je trouve tout de même dommage de tomber dans certains stéréotypes. Mais bien sûr qui suis-je pour juger ?


Hormis ces quelques détails (je suis une élitiste de merde), je pense que les mots du réalisateur représente bien l’œuvre. Une ambiance dystopique, presque post-apocalyptique, présente à travers des plans très travaillés, au service de la narration, et qui montrent silencieusement un monde complexe, qui n’est pas juste un fond vert, mais une œuvre collective harmonieuse, entre des artistes vfx, des décorateurs, des scénographes, et un bon chef de la photographie (j’en passe). Ah et la musique est cool aussi (après ça c’est perso).
Maintenant cet aparté technique fait : parlons mood.
Ce film respire l’atmosphère d’Alice au pays des merveilles, avec notamment le personnage de Camélia dont l’apparence semble en être inspirée (trois premières images). Ces paysages lituaniens sont parfaits pour rappeler cette ambiance à la Tarkovski (Stalker en est l’exemple le plus connu), d’une sf étrange, mystique, mélangeant anciens bâtiments d’URSS et forêts inquiétantes. C’est à travers le prisme d’une histoire bien construite que l’on découvre un monde dystopique aux allures d’un rêve où les lieux seraient parfaitement visualisés, et les personnages inconstants, flous ou trop linéaires. Peut-être est-ce un choix : celui de faire passer les personnages au second plan, écrasés par un monde horrible qu’ils tentent de changer ? Chacun son interprétation.
Je pense que ce film n’a pas eu la reconnaissance qu’il mérite, surtout quand on le compare aux blockbusters aux budgets exorbitants et à la communication insistante, qui arrivent à faire venir du monde en salle, seulement pour le décevoir. Je pense que Vesper Chronicles a subi sa faible communication, notamment à cause du fait qu’il n’y a aucune “star” à l’affiche, et que l’histoire (je ne vous dévoilerai que cela) est très sombre pour un film de science fiction que l’on pourrait par mégarde qualifier de “tout public”.
C’était Ciné’Mood, bisou.