Ciné’Mood – Severance (2022)

Par Louise Pairaud

La dissociation (“severance” signifie la “rupture”) nous permet-elle d’avoir une vie meilleure, sans le travail, du moins, sans le souvenir de celui-ci, à chaque fois que l’on rentre chez nous ? L’être n’est- il composé que par sa mémoire ? Ainsi, peut-on, en séparant une mémoire en deux, créer deux êtres, l’un voué à n’exister que pour travailler, l’autre n’existant plus de 8h à 17h ? Deux inconnus, séparés par un ascenseur de bureau qui sert d’interrupteur de conscience.


Severance est une série américaine dont la
première saison est sortie en 2022, et la suivante
sortira en janvier 2025. Réalisée par le mec qui joue
dans La Nuit au Musée (si si c’est Ben Stiller), elle a
été créée par Dan Erickson.

Que dire ! Au-delà de toutes questions philosophiques avec lesquelles j’ai pu vous assommer plus haut, cette série est une œuvre RÉFLÉCHIE, au scénario sur lequel je ne m’étalerai – toujours – pas, mais qui vaut largement le détour.


Mais d’abord parlons musique : le thème général de la série a été composé par Theodore Shapiro. Une douce mélodie au piano se veut bousculée par quelques notes rebelles, très vite maîtrisées par une boucle : l’ambiance est posée. Cela me rappelle le thème principal de l’excellent Conversation Secrète, de Coppola (dont je me force d’oublier Megalopolis), racontant l’histoire d’un homme coincé entre sa carrière professionnelle et ses sentiments humains.

Atmosphère onirique (presque le “dreamcore” d’internet) nostalgique des années 2000, mêlée, comme le dévoile si bien le générique (réalisé par le youtubeur Extraweg) et peu à peu la série, à une odeur putride de dystopie. Chaque plan cache une signification symbolique ou narrative, et ça on adore. Bien sûr, ils sont pour la plupart du temps rythmés par ce thème de rupture, mais avancent aussi bien d’autres propos, également à travers les décors en eux- mêmes.


Le travail est-il par nature une souffrance ? La solution ne serait pas alors, au lieu de s’indigner, de se laisser aliéner, voire d’oublier… Difficile de décrire ce “mood”, mais puisqu’il le faut,

Par Nathan Rontey

je dirais que ce film est un long rêve, ni agréable ni terrible – sur le moment -, juste étrange, sans vraiment savoir pourquoi. Le sentiment d’inquiétante familiarité règne, comme dans ces rêves où vos proches changent de physique, ou de comportements. En accentuant la longueur des couloirs, en utilisant même parfois l’effet vertigo, on nous désoriente, on nous isole, en détachant les lieux des uns des autres. Le bureau type “open space” est au centre d’un dédale, coupé du reste du monde de manière spatiale, mais également temporelle, car il serait inconcevable qu’un montage alterné ne replace ces scènes, ces heures de travail, dans une temporalité réelle.

Atmosphère onirique (presque le “dreamcore” d’internet) nostalgique des années 2000, mêlée, comme le dévoile si bien le générique (réalisé par le youtubeur Extraweg) et peu à peu la série, à une odeur putride de dystopie. Chaque plan cache une signification symbolique ou narrative, et ça on adore. Bien sûr, ils sont pour la plupart du temps rythmés par ce thème de rupture, mais avancent aussi bien d’autres propos, également à travers les décors en eux- mêmes.


Le travail est-il par nature une souffrance ? La solution ne serait pas alors, au lieu de s’indigner, de se laisser aliéner, voire d’oublier… Difficile de décrire ce “mood”, mais puisqu’il le faut, je dirais que ce film est un long rêve, ni agréable ni terrible – sur le moment -, juste étrange, sans vraiment savoir pourquoi.

Par Nathan Rontey

Le sentiment d’inquiétante familiarité règne, comme dans ces rêves où vos proches changent de physique, ou de comportements. En accentuant la longueur des couloirs, en utilisant même parfois l’effet vertigo, on nous désoriente, on nous isole, en détachant les lieux des uns des autres. Le bureau type “open space” est au centre d’un dédale, coupé du reste du monde de manière spatiale, mais également temporelle, car il serait inconcevable qu’un montage alterné ne replace ces scènes, ces heures de travail, dans une temporalité réelle.

Et si malgré mon éloge, vous n’avez toujours pas envie de regarder cette courte série de 9 épisodes notée 8.1 sur SensCritique, 4,4 sur AlloCiné, et affichant un score de 97% d’avis positif pour le public, et 88% pour la presse sur Rotten Tomatoes, alors je ne peux plus rien faire, j’ai échoué à titiller votre curiosité, et je m’en désole…

C’était Ciné’Mood, bisou.