Par Bastien Hérédia
Depuis le 21 juillet, le militant écologiste controversé, Paul Watson, est détenu dans la prison de Nuuk, au Groenland, un territoire sous l’autorité du Danemark. Visé par un mandat d’arrêt international pour des actes d’opposition physique à la pêche des baleines en Antarctique, la justice danoise devra statuer sur sa potentielle extradition vers le Japon, où le système carcéral est très rude. Pour rappel, la Commission baleinière internationale (CBI) a imposé, en 1986, un moratoire sur la pêche commerciale des baleines, limitant les activités de pêche à des raisons scientifiques.

L’écologiste et fondateur de Sea Shepherd, Paul Watson, à Berlin, le 23 mai 2012. © Markus Schreiber / AP
Depuis le 21 juillet, le militant écologiste controversé, Paul Watson, est détenu dans la prison de Nuuk, au Groenland, un territoire sous l’autorité du Danemark. Visé par un mandat d’arrêt international pour des actes d’opposition physique à la pêche des baleines en Antarctique, la justice danoise devra statuer sur sa potentielle extradition vers le Japon, où le système carcéral est très rude. Pour rappel, la Commission baleinière internationale (CBI) a imposé, en 1986, un moratoire sur la pêche commerciale des baleines, limitant les activités de pêche à des raisons scientifiques.
Mais selon l’ONG Sea Shepherd, fondée par Paul Watson, les navires nippons ont mis en avant la “recherche scientifique” pour continuer leurs activités en dépit des règles internationales : “La chasse à la baleine du Japon en Antarctique a toujours été une chasse commerciale, permise uniquement par la Commission baleinière internationale sous prétexte de recherche scientifique”. Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, dénonce une “logique de vengeance” du Gouvernement Japonais face aux actions de l’ONG.
Dans les colonnes du Parisien, Paul Watson appelle le ministère de la justice danois à ne pas se laisser “instrumentaliser” par le Japon. “Durant l’audience, le juge a refusé d’examiner les preuves vidéo montrant que les accusations japonaises étaient fabriquées. Paul Watson n’a pas non plus bénéficié d’un interprète, c’est contraire à la loi danoise” a déclaré l’un de ses avocats, Me François Zimeray.
Une demande d’asile politique à la France
Dans une lettre adressée au Président de la République, Paul Watson demande “humblement et respectueusement […] l’asile politique en France”, rappelant l’immense espace maritime du pays. Il affirme être persécuté par le Japon, avec des motivations “politique[s] et non judiciaire[s]”. Au moment de l’écriture de cet article, jeudi 17 octobre 2024, la porte-parole du Gouvernement, Maud Bregeon, a indiqué un sujet “pas tranché” en détaillant son “profond respect” pour la cause défendue par le fondateur de Sea Shepherd.
Un autre de ses avocats, William Julié, explicite la demande : “Cette demande d’asile politique a une valeur symbolique très puissante, mais il ne s’agit pas d’un asile politique de fuite, mais de choix et de cœur” avant de compléter “Si un grand État de droit accordait l’asile politique à Paul Watson, ça veut dire qu’un grand état de droit reconnaîtrait qu’il est persécuté”. L’entourage du Président affirme que le chef de l’État “suit la situation de près” et qu’il a “chargé sa cellule diplomatique d’œuvrer, avec les services du ministère des Affaires étrangères, pour que Paul Watson […] ne soit pas extradé”.