Découvrir le journalisme engagé

Par Fanny Rigoni Bertrand, L2 sociologie

Co-fondé en 2021 par Revue Far Ouest et Médianes, ce festival annuel qui a lieu au Rocher de Palmer (et rediffusé en direct sur la plateforme Twitch) couvre divers sujets de société et comment ils sont traités dans les médias. De nombreux journalistes, chercheur·euses et militant·es sont conviés afin d’échanger sur des thèmes tels que l’écologie, l’égalité des droits, le féminisme… Des médias indépendants sont partenaires du festival et y participent (Médiapart, Politis, Blast, StreetPress, Au Poste, Climax, So Foot, Rue89 Bordeaux).

Cette année, le festival s’est tenu du 13 au 15 février. Le ScrUB a assisté à la journée de débats du samedi 15 février et nous revenons ici sur son déroulé.

Pour débuter la journée, une table ronde s’est tenue de 11h à 12h30 sur le sujet “Journalistes sous pression”, animée par Clémence Postis de Revue Far Ouest. Les journalistes convié·es, Valentine Oberti de Médiapart, Lina Rhrissi de StreetPress et Olivier Jourdan-Roulot de Blast ont évoqué les pressions auxquelles elles/ils font face dans leur métier et ont notamment parlé des procès-bâillons. Il s’agit d’une instrumentalisation de la justice par une entreprise ou par une institution visant à empêcher l’expression de la parole. Les médias réservent ainsi un budget spécifique pour les potentielles poursuites en justice auxquelles ils peuvent faire face.

© Fanny Rigoni Bertrand

Pour les “petits” journalistes indépendants c’est alors un défi. L’auto-censure implique une entrave à l’information, une méconnaissance de celle-ci pour le grand public. Les journalistes reviennent également sur des menaces physiques ou verbales auxquelles elles/ils ont pu être confrontés et qui ont augmenté depuis la montée de l’extrême droite.

© Fanny Rigoni Bertrand

Après la pause déjeuner, les débats ont repris sur le thème de “L’éco-terrorisme n’existe pas” de 13h30 à 15h, animé par Sylvain Lapoix (journaliste indépendant). Pour parler de ce terme “d’éco-terrorisme” fréquemment repris par Gérald Darmanin (ex-ministre de l’Intérieur et actuel ministre de la Justice) lors des manifestations à Sainte- Soline, divers invité·es parlent à la tribune. Julien Le Guet est militant écologiste, il a participé aux manifestations à Sainte-Soline contre l’installation des méga-bassines (gigantesques bassins artificiels de la taille de plusieurs terrains de foot, destinés au stockage de l’eau) ; Lauren Boudard est autrice et enquêtrice à Climax ; Antoine Chao est producteur de podcasts et d’émissions de radio.

Tout de suite après, de 15h15 à 16h45, s’est déroulé une autre table ronde traitant du “Racisme dans les médias”, animé par Hugo Boursier de Politis. En tant qu’intervenant·es, Danièle Obono, députée LFI (La France Insoumise) de la 17e circonscription de Paris depuis 2017 ; Ulysse Rabaté, chercheur en science politique à l’Université Paris-8 ; Iris Ouedraogo, journaliste et formatrice en podcast, elle est également porte-parole de l’Association des journalistes antiracistes et racisé.e.s (AJAR). Imaginaire et vision spécifique des quartiers populaires, très faible présence d’étudiant·es noir·es dans les écoles de journalisme, invitation de personnes racisées dans les médias en tant que “quota” et pour conscience morale, les intervenant·es reviennent sur leurs expériences et leurs recherches. Danièle Obono appuie également le fait qu’aucun média n’a abordé la nomination de Nadège Abomangoli, première femme noire à devenir vice- présidente de l’Assemblée nationale en 2024.

Lors du festival, en parallèle des tables rondes, se trouve un village des stands afin de mettre en lumière les partenaires du festival et autres médias indépendants.Pour finir, un dernier débat s’est tenu de 17h30 à 19h : « Violences sexuelles : de DSK à Depardieu”, animé une nouvelle fois par Clémence Postis (Revue Far Ouest). Pour aborder cette thématique des VSS (violences sexuelles et sexistes), Anne-Cécile Genre et Marine Pradel de Shame on You, Lenaïg Bredoux de Médiapart, et Geneviève Sellier, autrice.

Pour plus d’infos, vous pouvez consulter le site internet du Festival imprimé. En espérant vous avoir fait découvrir un riche festival auquel vous pourrez (re)assister l’année prochaine, soit au Rocher de Palmer à Bordeaux ou en ligne sur Twitch : )