Elon Musk rejoint l’administration américaine

Par Rayane Moussouni, M1 économie

Depuis l’investiture de Donald Trump, 47e président des États-Unis, Elon Musk, industriel de renom et dirigeant des entreprises Tesla, SpaceX et Neuralink, a été désigné pour une mission particulière. En tant qu’employé spécial du gouvernement, il se retrouve être la figure du DOGE (Department of Government Efficiency). Cette organisation a été créée avec l’objectif de réduire les dépenses des administrations fédérales américaines jugées inutiles par le gouvernement Trump. Cette initiative s’inscrit dans la droite ligne de la pensée libertarienne défendue par Elon Musk ou d’autres politiques tel le président argentin Javier Milei.

Le DOGE a obtenu un accès étendu aux données générales et financières des différentes administrations du gouvernement fédéral américain. Le service s’appuie sur une équipe composée d’ingénieurs en logiciel et de conseillers politiques. Les outils des agents sont l’intelligence artificielle, qui sert à répertorier toutes les dépenses considérées comme inutiles. Le département envisage d’adopter des technologies avancées, telles que la blockchain (technologie de stockage et de transmission d’information), afin de suivre en temps réel les dépenses publiques pour les contrôler voire les circonscrire.

L’agence est issue d’une promesse de campagne, cette institution incarne la volonté d’optimiser l’efficacité gouvernementale. Ses partisans y voient un progrès, tandis que ses détracteurs dénoncent une prise de pouvoir technocratique, privilégiant la performance au détriment de l’intérêt général.

Sur le plan démocratique et constitutionnel, certains juristes remettent en question la légitimité de cette institution et son pouvoir au sein de l’administration. Toutefois, les équipes du DOGE défendent une relation directe avec le bureau exécutif du président.

M. Musk est également impliqué dans divers secteurs, notamment à travers des entreprises telles que Neuralink, Starlink et Xcorp, qui œuvrent dans les nanotechnologies, les télécommunications spatiales et les médias sociaux. Les détracteurs de l’administration Trump soulignent que le patron de Tesla bénéficie partiellement des contrats publics et des subventions de recherche attribuées par le gouvernement américain. En conséquence, il entretient des liens étroits avec les décideurs politiques, ce qui pourrait lui permettre d’utiliser sa position pour favoriser ses entreprises.

Ces critiques soulignent des préoccupations majeures concernant les conflits d’intérêt potentiels entre les entreprises de M. Musk et l’État fédéral. Aux États-Unis, la distinction entre le droit privé et le droit public demeure souvent imprécise, alimentant ainsi les inquiétudes quant à l’influence des intérêts privés sur les décisions publiques.

Dans ce contexte, un climat de méfiance généralisée à l’égard des administrations et des entreprises se développe chez les citoyens.

Le siège du DOGE est situé au bâtiment du bureau exécutif Eisenhower.
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Elon Musk, pendant un meeting de Donald Trump, le 5 octobre 2024. Crédit : Jim WATSON / AFP