Passion écervelée
L’écume gifle la triste proue
La mandorle vertigineuse de ma poitrine
Je déchaine mon canot
Et j’oublie l’orfèvresse aveugle
La nuit saigne sur mon oreille
Et moi je lutte
Comme le cavalier des savanes endormies
Contre l’espoir divulgué
Furieusement je creuse dans ton iris gelé
Un abîme de tolérance
Une ribambelle de papillons
Pour laisser abattre des poissons
Une ombre caillouteuse cadenasse mes lèvres
Et dans ma pleine pâmoison
Membres engourdis
Je vois essaimer
La passion curieuse ingérence du temps
Vers les châteaux acariâtres de la nostalgie.