Rencontre avec le président de l’UB, Dean Lewis

Par Victor Adda, Lyam De Oliveira, Ulysse Iparraguirre, Olivia Larrue, Lise Levy, Ada Marchais, Thaïna Michaud, Elisa Morant, Nicolas Plazanaet-Gibson, Antonin Quaranta, Amina Raymond, Fanny Rigoni Bertrand, Nina Seynaeve Paries, Leila Yapi

Dans le cadre de l’UE Démocratie à l’université proposée à l’Université de Bordeaux, pour les étudiants du collège Sciences de l’Homme, du CPES (cycle pluridisciplinaire d’études supérieures) et de l’IUT, nous avons eu l’opportunité d’interviewer le président de l’Université de Bordeaux, Dean Lewis.

Dean Lewis, président de l’Université de Bordeaux © Gautier Dufau

Étudiants interviewers : Comment êtes-vous devenu président de l’Université de Bordeaux ?

Dean Lewis
: Mon parcours s’est construit sur un engagement progressif au service du collectif. Dès le collège, j’étais délégué de classe, puis délégué d’établissement au lycée. À mon arrivée à l’Université de Bordeaux, en tant que professeur agrégé, j’ai immédiatement souhaité m’investir dans des responsabilités collectives notamment des responsabilités de filières de formation. J’ai ensuite occupé des responsabilités variées mais plus tournées vers l’administration, notamment la direction de l’UFR de physique et la vice-présidence de Bordeaux 1. Lors de la fusion des universités en 2014, j’ai joué un rôle central comme le président de l’Université Bordeaux 1 qui engageât cette université dans la fusion. En 2022, poussé par le collectif universitaire, j’ai décidé de candidater à la présidence, animé par l’envie de contribuerà défendre l’université comme creuset de la connaissance au service du progrès et de la société.

Étudiants interviewers : S’agissait-il de votre première campagne électorale ?
Dean Lewis : Non, j’avais déjà une expérience lors de ma candidature à la présidence de l’Université Bordeaux 1 et de deux campagnes en tant que vice-président de Manuel Tunon de Lara. Mon projet s’inscrivait dans la continuité du travail accompli. Nous avons constitué un collectif d’une cinquantaine de collègues issus d’horizons variés pour élaborer un bilan et une vision commune. Bien qu’il n’y ait pas eu de candidature concurrente à la présidence, nous avons structuré une campagne en nous appuyant sur des ateliers thématiques et une plateforme en ligne pour présenter nos propositions.

Étudiants interviewers : À quoi ressemble une journée typique en tant que président ? Dean Lewis : Les journées sont très diversifiées et souvent imprévisibles. Je peux commencer par une réunion d’urgence à 8h pour gérer une intrusion ou un incident, continuer par un déjeuner de travail avec des vice- présidents pour discuter de stratégie immobilière, et terminer par un conseil d’administration qui dure jusqu’à 20h. Parfois, je reçois une délégation étrangère ou je participe à des événements institutionnels. Nous devons jongler entre des missions opérationnelles – comme gérer un blocage ou réparer une infrastructure endommagée – et des réflexions stratégiques à long terme.

Étudiants interviewers : Quels sont les défis budgétaires auxquels fait face l’université ?


Dean Lewis : L’Université de Bordeaux, en tant que l’une des dix plus grandes de France, doit gérer un budget complexe. La fusion des universités a permis de rationaliser nos coûts et de renforcer nos capacités de gestion. Cependant, nous faisons face à des contraintes budgétaires très fortes, comme la hausse des coûts de l’énergie ou l’augmentation mécanique du budget de la masse salariale. Heureusement, grâce à l’engagement des personnels de l’université, à notre stabilité financière et à notre planification stratégique, nous pouvons absorber certaines réductions de dotations sans prendre de décisions drastiques dans l’urgence. Par ailleurs, nous travaillons en partenariat avec les collectivités locales pour des projets comme les résidences étudiantes et les infrastructures durables, afin de garantir une gestion responsable et intégrée.

Étudiants interviewers : Les étudiants sont-ils suffisamment intégrés dans la gouvernance ?Dean Lewis : Les étudiants sont des acteurs importants des conseils centraux et académiques, où leur voix a autant de poids que celle des autres membres. Cependant, nous constatons un faible taux de participation aux élections, malgré nos efforts pour les sensibiliser via des unités d’enseignement sur l’engagement et des actions de communication ciblées, notamment sur les réseaux sociaux. Notre défi est de rendre ces instances plus accessibles et attractives pour les étudiants, tout en valorisant leur participation à travers des crédits et une reconnaissance institutionnelle.

Étudiants interviewers : Quels sont les défis spécifiques pour les étudiants du CPES ?


Dean Lewis :
Le CPES, en raison de sa position hybride entre l’université et le lycée Montaigne, pose des défis particuliers. Par exemple, les étudiants ne sont pas toujours complètement intégrés dans les dispositifs universitaires. Leur BVE n’est pas encore reconnu, et ils ne sont pas rattachés à un campus précis, ce qui complique l’accès à certaines ressources. Nous travaillons à rectifier ces situations, en attribuant un rattachement par défaut dès la première année et en clarifiant leur statut au sein de l’université.

Étudiants interviewers : Quels sont les atouts de l’Université de Bordeaux ?


Dean Lewis : Notre université bénéficie d’une pluridisciplinarité qui favorise la collaboration et l’innovation. La fusion des universités a permis de mutualiser les compétences et de renforcer notre efficacité administrative. Même si nous devons encore progresser, nous sommes reconnus pour nos initiatives en transition environnementale, en gestion immobilière et en prévention de toutes formes violences. Cette dynamique nous positionne comme un établissement de référence, capable de relever des défis sociétaux majeurs comme la transition écologique ou l’inclusion.

Étudiants interviewers : Quels sont les liens entre l’université et les collectivités locales ?

Dean Lewis : L’université joue un rôle structurant pour le territoire. Nous collaborons avec les collectivités sur des sujets comme l’aménagement des campus, les transports ou le logement étudiant. Nous travaillons également avec la métropole sur des projets environnementaux, comme le réseau de chaleur universitaire, et avec la région pour soutenir les filières socio-économiques locales.

Étudiants interviewers : Selon vous, pourquoi est-il important pour les étudiants de s’engager ?

Dean Lewis :
L’engagement universitaire offre aux étudiants des compétences essentielles pour comprendre la complexité du monde et prendre des décisions éclairées. Cela leur permet aussi de développer des aptitudes organisationnelles, relationnelles et décisionnelles qui leur seront utiles dans leur vie professionnelle. C’est une manière de devenir des citoyens actifs et de mieux appréhender les dynamiques collective.