Entrer en Master : Ils l’ont fait, ils racontent

Les témoignages (presque) dédramatisés de ceux qui l’ont fait
par Nisrine Khadraoui, L2 de psychologie

Chaque année, les étudiant·es en licence entament un rituel terrifiant : ouvrir la plateforme MonMaster. Un bruit sourd traverse alors les couloirs des facs : “Et si je n’ai rien ?”, “Faut écrire combien de lettres déjà ?”, “C’est quoi un projet professionnel ?”.

Bref, c’est la saison des crises existentielles.

Pour apaiser les esprits (et rappeler que oui, le chaos est normal), j’ai recueilli les témoignages de quatre étudiant·es qui ont trouvé leur master. Leurs parcours sont différents, parfois drôles, parfois stressants, mais tous rassurants.

Parce qu’au fond, entrer en master, c’est surtout une aventure où on apprend beaucoup sur soi… et sur l’administration française (pas toujours dans cet ordre).

Quelques témoignages…

Léa — Master Psychologie clinique et Psychopathologie

« Au départ, je voulais faire de la neuropsychologie, mais en découvrant la psychopathologie, j’ai complètement accroché et honnêtement, ça me correspond parfaitement. Aujourd’hui, je suis très contente de ce choix, surtout que ça colle avec mon projet de devenir psychologue dans l’armée. Candidater n’a pas été facile : j’étais en plein déni et j’ai commencé mes dossiers deux semaines après tout le monde. Heureusement, mes amis m’ont énormément soutenue, sinon je ne sais pas comment j’aurais tenu. Les lettres de motivation ont été un vrai défi : comment se vendre sans se sentir ridicule, et rester authentique tout en étant académique ? Ce qui m’a le plus aidée, c’est mon dossier académique et mes performances aux examens — mais ce n’est pas la règle pour tout le monde ! Mon conseil pour ceux qui postulent : ne paniquez pas ! Montrez la cohérence de votre parcours, mettez en avant vos forces et défendez ce que vous aimez. Restez vous-même et battez-vous pour votre projet. »

Théo — Master Algèbre appliquée, Université Paris-Saclay

« J’ai toujours été passionné par l’algèbre, et ce master était exactement ce qu’il me fallait pour poursuivre en recherche, envisager une thèse et, pourquoi pas, rejoindre le CNRS un jour. La candidature s’est faite entièrement via MonMaster, et je dois avouer que ce n’était pas simple : entre les pièces à fournir, les lettres de motivation et une baisse de mes notes en L3, j’ai essuyé plusieurs refus. Jusqu’au moment où Paris-Saclay m’a accepté… j’étais tellement surpris que j’ai dit à tout le monde que c’était un braquage ! Le parcours n’a pas été sans embûches : l’administration ressemblait parfois à un vrai escape game. Ce qui m’a vraiment aidé, ce sont mes notes solides en algèbre, mais aussi une UE optionnelle stratégique que j’avais bien mise en avant. Mon conseil pour ceux qui postulent : ne visez pas un master juste pour briller, et surtout, gardez en tête qu’un refus n’a rien à voir avec votre valeur. »

Louis — Master de sciences sociales, parcours Sciences politiques et sociologie comparatives (SPSC)

« Le plus dur pour moi n’a pas été la candidature, mais plutôt de savoir ce que je voulais vraiment faire de ma vie. Après un détour par l’urbanisme et un refus en journalisme, j’ai finalement trouvé le master qui me correspondait : Sciences politiques et sociologie comparatives, alliant réflexion critique, recherche et sciences sociales. Ma candidature s’est faite via e-Candidat, avec CV, lettre de motivation, relevés de notes et projets. Mes compétences rédactionnelles et ma capacité d’analyse ont été d’une grande aide. Petite anecdote : j’avais été accepté en sociologie contemporaine à la Sorbonne, mais mes parents ont refusé que j’y aille, jugeant les débouchés trop incertains. J’ai alors intégré un master d’urbanisme, qui ne m’a pas convaincu, avant de changer pour le SPSC en deuxième année. Ce fut stressant, comme si je jouais ma dernière carte académique. Mon conseil aux futurs candidats : soyez autonomes, personne ne vous tiendra la main, et n’oubliez pas qu’un peu moins de cours ne signifie pas moins de travail ! »

Arthur — Master Management Business International

« La plus grande épreuve pour moi a été de trouver une alternance : clairement, le boss final du jeu vidéo ! J’ai choisi ce master parce qu’il est en anglais, polyvalent, et qu’il ouvre beaucoup de portes pour l’avenir. L’admission s’est faite en interne, avec un dossier et un entretien, mais la vraie aventure a commencé après : la quête de l’alternance. Ce qui m’a aidé, c’est surtout d’avoir une bonne compréhension de moi-même et des autres : savoir gérer ses limites et celles des autres, c’est un peu la base du management. Mon conseil pour ceux qui postulent cette année : accrochez-vous, quoi qu’il advienne ! Ne laissez pas un refus ou une difficulté vous décourager : ce n’est pas parce qu’on ne trouve pas d’alternance immédiatement que l’on ne vaut rien, ni parce qu’une année est compliquée qu’on n’a pas sa place. Suivez vos envies et vos instincts. »


Les choses à retenir : conseils pour postuler en master

✔ 1. Ne paniquez pas (trop)

Le stress fait partie du processus, et tout le monde y passe. Même ceux qui semblent ultra sereins ont probablement eu des crises existentielles devant MonMaster à 23h. Respirez, organisez-vous, et avancez pas à pas.

✔ 2. Commencez vos dossiers tôt

Ne laissez pas tout à la dernière minute. Préparer vos dossiers calmement permet de réfléchir, peaufiner vos lettres, et éviter les nuits blanches inutiles.

✔ 3. Personnalisez vos lettres

Chaque master est différent. Les jurys veulent voir que vous savez pourquoi celui-ci est fait pour vous. Évitez le copier-coller ou les phrases toutes faites. Montrez votre intérêt concret et unique pour leur programme.

✔ 4. Soyez cohérent dans votre projet

Votre parcours n’a pas besoin d’être parfait, mais il doit raconter une histoire logique. Expliquez comment vos expériences passées s’articulent avec vos ambitions futures. La cohérence convainc plus que la perfection.

✔ 5. Vos notes ne sont pas tout

Les notes comptent, mais elles ne font pas tout. Vos expériences personnelles, stages, engagements associatifs, projets, ou même un détail stratégique de votre licence peuvent faire la différence. Un master vous choisit parfois pour un aspect auquel vous ne pensiez même pas.

✔ 6. Entourez-vous bien

Les amis et la famille sont une vraie bouée de secours pendant cette période. Échanger, se faire relire les dossiers, partager le stress ou même juste se distraire permet de tenir mentalement.

✔ 7. N’ayez pas peur des refus


Un refus n’est pas un jugement sur votre valeur. Le master parfait n’existe pas toujours, et parfois c’est après quelques détours que vous trouvez celui qui vous correspond vraiment.

✔ 8. Organisation = survie


Un master peut avoir peu d’heures de cours, mais le travail personnel est immense. Planifiez vos semaines, vos rendus, et vos lectures. Savoir s’organiser est crucial pour ne pas se noyer et profiter pleinement de la formation.

En gros, entrer en master, ce n’est ni un sprint ni un conte de fées : c’est une aventure un peu chaotique, souvent épuisante, mais presque toujours porteuse de bonnes surprises. On doute, on galère, on rafraîchit sa boîte mail, on se compare… puis, finalement, on trouve sa place, son domaine, son rythme. Comme le prouvent Léa, Théo, Louis et Arthur : on ne suit pas une ligne droite, on se relève après les refus, et au bout du compte, il y a un master qui nous ressemble. Alors courage. Respire. Tu vas t’en sortir. Et pour te rassurer un peu : personne n’a compris MonMaster du premier coup.

Master ou pas, je sais ce que c’est de galérer — courage, vous n’êtes pas seul·es !

© Alix Peyrichout