Par Nisrine Khadraoui, L2 psychologie
Engagée cette année à l’AFEV, je consacre deux heures par semaine à accompagner une jeune fille à Bordeaux. Entre aide aux devoirs, activités créatives et discussions, cette expérience m’a permis de comprendre l’importance de l’écoute, de l’accompagnement et de l’engagement étudiant. Voici ce que j’en retiens.
Pourquoi j’ai rejoint l’AFEV ?
Ironiquement, tout le monde me déconseillait de m’engager : mes parents craignaient que cela prenne trop de temps, ma sœur avait eu une mauvaise expérience, et un ami évoquait une organisation compliquée. Pourtant, j’ai voulu me faire ma propre idée. J’ai découvert l’AFEV un peu par hasard, grâce à ma sœur et je me suis dit : “Pourquoi pas ?”
Au-delà de la curiosité, cet engagement a une signification personnelle. J’ai grandi dans un foyer où l’aide scolaire et les ressources culturelles étaient limitées. J’aurais aimé avoir un adulte engagé à mes côtés. Aujourd’hui, accompagner un jeune me permet de transmettre ce que j’aurais voulu recevoir.
Ce que je fais concrètement
J’accompagne une élève de CM2 rencontrant des difficultés en français. Deux heures par semaine, nous travaillons ses exercices, mais aussi la dictée, la lecture ou des petits ateliers d’écriture pour renforcer sa confiance. L’AFEV adapte vraiment la mission aux disponibilités, au lieu de résidence et aux envies du bénévole, ce qui facilite l’engagement.
Mon rôle ne se limite pas à la scolarité. Accompagner un enfant, c’est aussi créer un lien, écouter, comprendre ses goûts, ses peurs, ses forces. J’aime introduire dans nos séances de la peinture, du dessin, du coloriage ou un peu de musique. On peut aussi organiser des sorties, souvent remboursées par l’association. L’objectif est toujours de partager des moments agréables et de créer un climat de confiance.
Ce que cet engagement m’apporte
La petite que j’accompagne me considère comme une grande sœur, et voir ses progrès est une immense source de fierté. Cette mission m’a appris à être patiente, attentive, créative, et à instaurer un espace sécurisant. Elle m’a poussée à imaginer des activités, à improviser lorsque nécessaire, à communiquer clairement avec l’enfant et sa famille. Travailler main dans la main avec les parents – faire le bilan, anticiper les séances – m’a permis de renforcer mes compétences relationnelles. Et bien sûr, la ponctualité et la régularité sont essentielles pour montrer son sérieux.
Mes conseils aux futurs bénévoles
• Créer un lien authentique : quelques heures par semaine suffisent pour établir une relation solide. Présente-toi, pose des questions, montre un vrai intérêt.
• Être à l’écoute : parfois, un enfant a surtout besoin d’une présence bienveillante, pas d’une activité parfaite.
• Participer aux rencontres de l’AFEV : elles permettent d’échanger avec d’autres mentors, de partager des conseils et de se sentir entouré.
• Accepter de se laisser surprendre : chaque séance apporte son lot de rires, d’imprévus et de petites victoires.
Être bénévole à l’AFEV, c’est bien plus qu’aider à faire des devoirs : c’est créer du lien, participer à une transformation réciproque et découvrir que quelques heures par semaine peuvent réellement changer une vie.
