Par Ulysse Iparraguirre, M1 MCST (médiation et communication des sciences et des techniques)
Aide alimentaire
Tous les mardis et par tout temps, plusieurs dizaines d’étudiant·es attendent leur tour, à la file, non loin de la mairie de Bordeaux. Ils forment parfois quasiment un cercle autour du pâté de maisons. Au bout de la queue, un colis alimentaire les attend.
Dans ce colis, des produits « frais et de qualité ». Pas forcément le quotient d’un·e étudiant·e.
Pourtant, c’est ce que propose l’association Linkee – Entraide Étudiante. Chaque année, elle fournit, selon ses propres calculs, plus de 3 millions de repas à plus de 70 000 étudiant·es en France. La raison ? Dans notre beau pays, un tiers des étudiant·es est en situation de précarité (Observatoire de la vie étudiante, 2023). Un chiffre bien supérieur à la moyenne de la population.
Fonctionnement de l’association
Abandon des services publics
Le pair à pair est un point fondamental des distributions alimentaires de Linkee. Eux·elles-mêmes étudiant·es, les bénévoles (plus de 10 000) distribuent les colis alimentaires dont ils·elles seront eux·elles aussi bénéficiaires. Cette organisation a un but simple : déstigmatiser l’aide reçue.
Les colis, quant à eux, sont constitués de produits bien souvent destinés à la benne. Artisans, industriels, cantines scolaires, restaurants d’entreprises, supermarchés… Ce sont autant d’acteurs qui fournissent l’association. Les financements sont, eux, principalement issus des dons de particuliers, du mécénat d’entreprise, mais aussi de l’aide des services publics.
Depuis la crise du Covid-19, qui a mis en lumière la misère étudiante, les demandes d’aides n’ont cessé d’augmenter. Pourtant, malgré les beaux discours, la prise de conscience par les pouvoirs publics laisse encore à désirer. Le « petit coup de main pendant pas longtemps » – que défend Julien Meimon, fondateur de l’association, pour aider la jeunesse et, par extension, les futur·es travailleur·ses qui feront la richesse de la France – a déjà de la peine à voir le soleil.
Pourtant, il y a quelques jours, l’État a annoncé à Linkee l’arrêt total de ses subventions dès 2026. Une claque pour l’association, qui se voit amputée de 40% de son budget à très court terme.
« On ne sera pas en mesure de continuer l’aide qu’on donne tous les jours aux étudiants si on n’a pas ce soutien des pouvoirs publics » alerte le fondateur de Linkee, Julien Meimon, sur France Inter.
Face à cette nouvelle aberrante, Linkee lance l’alerte et appelle au soutien pour « compenser la faiblesse de l’État et des pouvoirs publics » afin de pouvoir faire perdurer l’aide aux étudiant·es.
Les distributions alimentaires de l’association ont toujours lieu !
À Bordeaux, les distributions se tiennent entre 19h et 20h le mardi à Info Jeunes Bordeaux et le mercredi à la résidence Jean Zay, à Talence. L’inscription se fait directement sur le site internet de l’association.
Linkee n’est pas la seule association bordelaise à apporter une aide alimentaires gratuite aux étudiant·es, retrouvez :
Le comptoir d’Aliénor / La cuvée des écolos
(contactez-nous pour des articles à ce sujet !)
