Par Maëlle Cotonea
21/01/2026
Cher ScrUB,
Je suis arrivée à Sheffield en Angleterre, ça y est ! Je paye désormais en pounds et plus en euros. Je parle désormais anglais et plus français au quotidien.
Si j’utilise mes habitudes françaises, j’ai maintenant l’impression qu’un enfant passager conduit une voiture. J’avoue avoir encore un réflexe de surprise avant de réaliser que les volants sont ici à droite et non à gauche. Beaucoup de choses sont inversées de cette façon : dans la douche, les réglages de la température et de l’intensité sont inversés par rapport à la France et se tournent dans le sens inverse de celui dont on a l’habitude.
J’ai aussi fait mes premières courses au Aldi local : tous les produits arborent fièrement le drapeau anglais sur leurs étiquettes ! Bien que je n’ai pas trouvé de pain digne de ce nom pour mes petits déjeuners, les pains au chocolat industriels – non appelés chocolatine malheureusement – sont moins chers qu’en France. Je n’en ai jamais mangé autant que depuis quelques jours !
Le week-end dernier, j’ai assisté au gala de patinage artistique des Championnats d’Europe. J’ai vu des champions nationaux de toute l’Europe et futurs Olympiens, ce qui est déjà une expérience unique ! C’est très impressionnant !
Je suis aussi sortie mercredi soir – jour des soirées étudiantes ici – et les Anglaises tiennent leur réputation : météo 4 degrés, ressenti -1, vents et pluie, elles portent des mini-jupes à paillettes et aucun manteau ni veste ! Il n’y a pas de vestiaire dans les boîtes de nuit : mon imper’ a fini dans une grosse pile de manteaux Erasmus.
Je fais ces sorties avec mes colocs. Au-delà de découvrir la culture anglaise en vivant ici, on découvre peu à peu dans le quotidien d’autres cultures. Je t’en dirai plus dans ma prochaine lettre ; pour l’instant, nous regardons toutes ensemble une série le soir comme de vieilles amies en oubliant que ça fait moins d’une semaine qu’on se connaît. Et c’est cool !
À la prochaine,
Best wishes,
Maëlle
12/02/2026
Cher ScrUB,
Dans 2 jours, je fêterai l’anniversaire de mon arrivée. J’ai donc maintenant une vie ici ! Je me suis adaptée aux cours et je vis avec mes colocs comme si on avait toujours partagé la vie les unes avec les autres.
Entre nous, on se comprend très bien mais on peine toujours avec les accents des locaux. Au Royaume-Uni, l’identité des différentes régions est très forte : on se sent d’abord Gallois (du Pays de Galles) avant d’être Britannique. Les accents sont une part importante de cette identité et les prononciations sont donc très différentes : mes années de cours en France à tenter de parfaire un accent anglais me sont bien inutiles face à une telle diversité de langage. Dans des formats de cours appelés Workshop où on parle beaucoup, j’ai toujours besoin de temps pour m’adapter au nouvel accent (si j’y arrive).
J’espère progresser encore.
Les Anglais ont aussi le “hello love” ou “hello lovely” facile. C’est très surprenant les premières fois et même en le sachant, avoir une telle déclaration d’amour au détour d’un bonjour reste déroutant.
Dans ma précédente lettre, je n’ai pas beaucoup parlé des étudiant·es internationaux qui constituent pourtant une bonne partie de ma base sociale.
On vit tous en coloc à 5 dans le même immeuble. J’ai rencontré des Suisses, des Finlandais·es, des Américain·es, des Tchèques, des Russes, des Danois, des Allemand·es, des Espagnols, des Italien·nes… Il faut dire que c’est assez génial !! Ça permet une ouverture d’esprit folle ! On découvre ce qui est commun à une culture et pas une autre…
Ça demande aussi un peu de gymnastique mentale et d’adaptation parfois.
Ici, on appelle les before avant les soirées étudiantes des ‘pre-games’. La beauté du mix international fait que je ne sais pas si ce mot est commun aux autres pays et à l’Angleterre ou si ce sont uniquement les Finlandais·es qui l’utilisent. Étant donné que ce sont eux·elles qui en organisent le plus, on s’adapte.
Ainsi, dans un pre-game à la finlandaise : chacun amène sa propre boisson, est le seul à la boire et repars avec. Il y a donc autant de verres, canettes et contenus différents que de convives ! Généralement, nous faisons des jeux à boire à base de carte à jouer et cela commence assez tôt.
Les Finlandais·es sont aussi de grand·es fans de boissons : toujours une canette d’energy drink (Redbull…) dans le frigo.
Globalement aussi, nous les Français·es avons des repas très calés en terme d’heure dans la journée, au contraire des autres pays. Aussi je ne suis plus surprise de croiser une Tchèque ou une Finlandaise en train de manger à 17h son lunch, son déjeuner, dans la cuisine presque tous les jours.
Sur les week-ends, on essaye d’aller visiter les alentours : nous sommes allés à York ; le week-end dernier j’ai fait de la voile et je pars à Leeds ce samedi.
J’essaye aussi d’adopter des coutumes anglaises autant que possible, notamment en terme de nourriture : je mange des digestives au goûter – le goût est assez proche des biscuits Granola –, j’ai investi dans des yorkshire pudding – nous n’avons pas vraiment d’équivalent en France, ça ressemblerait à du pain/brioche mais consommé en plat comme un féculent avec de la viande et des légumes… York m’a fait découvrir les scones fait maison qui sont DÉLICIEUX.
Les Anglais ont aussi une passion pour fourrer les pommes de terres : les Jackets potatoes de la cafet’ sont pour moi une réussite !!
Je te laisse sur cette note gustative,
À la prochaine,
Maëlle
