Par Fanny Rigoni Bertrand, L3 sociologie
Intense, poignant et rempli de suspens, le film Sept jours se déroule dans l’Iran actuel. Sorti le 6 août 2025 en France, ce film germano-iranien a été réalisé par Ali Samadi Ahadi et co-écrit par Mohammad Rasoulof, réalisateur du film Les Graines du figuier sauvage, sorti en 2024. Sept jours s’inspire de l’histoire de Narges Mohammadi, Prix Nobel de la Paix de 2023, en interrogeant la place des luttes pour les droits humains dans les régimes autoritaires.
Nous suivons Myriam, militante pour les droits humains et plus particulièrement pour les droits des femmes en Iran. Emprisonnée depuis plusieurs années en Iran, elle est libérée pour sept jours pour raisons médicales. Commence alors une course contre la montre, sept jours pendant lesquels la militante a le choix de partir ou de rester. Alors que son mari et ses enfants partent d’Allemagne pour l’attendre à la frontière iranienne et que son frère organise sa fuite, Myriam est, de prime abord, mécontente à l’idée de partir d’Iran. Cela fait depuis toujours que la militante lutte pour les droits des femmes dans son pays. Elle refuse d’abandonner la lutte en quittant le territoire. Pendant ces sept jours, Myriam va être tiraillée : fuir ou continuer la lutte ?
Ce film retrace le vécu de beaucoup d’Iranien·nes, torturé·es par le choix de partir ou de rester. Dans l’Iran de 2025/2026, les droits humains, et encore plus les droits des femmes, sont attaqués par le régime en place. Du fait des films qu’ils ont réalisés, les cinéastes de Sept jours sont en exil et ne peuvent plus retourner en Iran – comme bien d’autres réalisateurs et artistes : c’est à l’étranger que continue la lutte. Cela fait depuis les années 1980 que l’Iran est une République théocratique islamique, régime qui s’est fondé après la chute du Shah (le roi d’Iran). Ce régime des mollahs (avec sa police des mœurs) est de plus en plus autoritaire.
Les manifestations de 2022 ont notamment été violemment réprimées après la mort de Mahsa Amini, tuée par cette police des mœurs parce qu’elle portait mal le voile. C’est dans ce contexte politique, où les droits humains sont gravement atteints, que nombre d’Iranien·nes font le choix de partir ou de rester, de lutter au prix de leur vie, de combattre depuis l’étranger.
