Ferelloc Lou, L2 sociologie, @lou_frlc
Pour honorer le 10 octobre, la Journée mondiale de la santé mentale.
En poésie, on ne dit pas « il a besoin d’aide » ; en poésie, on dit :
Son cœur bat et pourtant ça ne va pas,
ses joues ont constamment ce goût salé, faute des quelques larmes qui les ont dévalées,
sa respiration est saccadée et, dans son esprit, tout est saccagé ;
il a l’impression de se noyer, de sentir ses poumons se remplir à n’en jamais finir.
Toute cette douleur s’entasse, faut-il qu’il en trépasse ?
« Prends la main qui t’est tendue », lui direz-vous ; faut-il encore qu’il y ait une main.
Enfin, la main, elle est là, la proposition, il la voit, mais l’aide, il n’en veut pas.
Il n’en veut pas ou, plutôt, il n’y croit pas ;
il n’y croit pas ou, plutôt, il ne sait pas ;
il ne sait pas qui demander, à qui devrait-il s’adresser, ses prières seront-elles exaucées ?
Il a peur, il a peur car se faire aider, c’est accepter, abdiquer et rendre palpable ce qu’il y a de plus innommable.
Il a peur car guérir, c’est souffrir ;
guérir, c’est avoir l’impression de faiblir jusqu’à en mourir ;
guérir, c’est prendre conscience du poids de sa douleur, de la lourdeur de sa détresse et de la teneur de son désarroi.
Il pourrait dire que ça va, pourquoi pas ?
Seulement jusqu’à quand ?
Peut-être va-t-il attendre juste encore un peu, juste le temps de faire passer l’image du regard inquiet de sa mère, ou le temps de ne plus entendre les remarques de ceux qui disent qu’il est fou.
Tout ça a l’air flou.
Se soigner fait peur parce qu’il faut faire face à la laideur, mais continuer à saigner est synonyme de douleur.
Se soigner effraie, mais continuer de saigner rend malheureux, il paraît.
La douleur l’enlace et l’embrasse, mais cette étreinte est loin d’être douce et sainte ; elle le serre, lui broie les côtes et accroît ses craintes.
Saisis cette main, tu la vois, alors prends-la, accepte de sauter, car sauter, c’est déjà bouger, et bouger, c’est guérir. Alors oui, guérir, c’est souffrir, mais au final, ça permet de sourire.
